L'ALLAITEMENT 

L'allaitement maternel consiste pour une femme à nourrir son enfant grâce au lait produit par les seins.

allaitement

5 à 10 fois plus de caroténoïdes 
3 fois plus de vita­mine A,
2 à 4 fois plus de vitamine E.

Apports caloriques:

de 58-67 kcal/100 cc (70-75 kcal pour le lait mature)

- moins de lac­tose

- moins de lipides que le lait mature

- 2 à 5 fois plus de protéines

- moins de caséine

A la naissance, importance de la première tétée: l'or liquide
Les bébés possèdent un réflexe de succion et de déglutition dès leur naissance, leur permettant de téter et d'avaler le lait. Considéré comme la forme la plus saine d'alimentation pour les nouveau-nés, il est cependant vital aux nourrissons nés prématurément.

Le colostrum - liquide sécrété par les seins pendant les premiers jours post-partum - est plus jaune et plus épais que le lait mature. Il a des propriétés nutritionnelles, anti-infectieuses aidant à la prévention des maladies, (l'enfant bénéficiant des anticorps maternels naturellement présents) et est particulièrement bien adaptées aux besoins du nouveau-né, ce qui permet de le considérer comme de "l’or liquide". Sa coloration jaune est en rapport avec son taux très élevé en bêta-carotène. De densité plus importante que le lait mature, son volume varie en fonction des mères :
-> de 2 à 20 cc par tétée pendant les trois premiers jours, avec un total de 37 à 100 cc par 24 heures, en fonction de la fréquence des tétées.

 



 

Un taux élevé de vitamines liposolubles
La nature de ses lipides est diffé­rente. Son taux d’acides gras à courte chaîne est plus bas, tandis que celui du cholestérol et des acides gras à longue chaîne est plus élevé que dans les lipides du lait mature. Le profil des acides gras du colostrum (comme celui du lait mature) varie selon les apports alimentaires maternels (de loin le facteur le plus important), la parité, la durée de la grossesse, et certaines maladies.


 



Une étude a constaté que les enfants qui absorbaient au moins 350 ml de colos­trum pendant les 3 premiers jours de vie étaient protégés vis-à-vis de la carence en vitamine K (Motohara et al, Pediatrics, 1989).

Un taux important de vitamine hydrosoluble: B12, importante pour le développement du système nerveux de l’enfant. Le colostrum contient aussi davantage de minéraux et d’oligo-éléments, en particulier de sodium, de potassium, de chlore, de cuivre et de zinc.


Un concentré d’anticorps
Des protéines ayant des propriétés anti-infectieuses, telles que la lactofer­rine, le lysozyme, la lactoperroxydase, et bien entendu les immunoglobulines, dont le taux est jusqu’à 100 fois plus élevé dans le colostrum que dans le lait mature. Lorsque le volume de la sécrétion lactée augmente, le taux relatif de ces immunoglobulines diminue, la quantité totale reçue par l’enfant restant constante.


 

Allaiter après adoption
 

Si l’allaitement est très généralement initié et pratiqué par la mère biologique d’un enfant immédiatement après sa naissance, la relactation et la lactation induite sont des possibilités qui – quoique encore peu connues et peu développées dans nos sociétés industrialisées – existent !

 

La relactation

 

ou reprendre l’allaitement après un arrêt précoce, un sevrage datant au plus de six mois. Le plus souvent, c’est l’intolérance du bébé au lait artificiel qui conduit la mère à envisager une relactation. Mais certaines pourront également souhaiter débuter une relactation si, pour une raison ou pour une autre, l’allaitement a été écourté (douleur, impression de manque de lait ou manque de lait avéré, maladie maternelle ou infantile, reprise du travail...), mais également si le choix initial de ne pas allaiter est finalement mal vécu.
Une étude menée en 2012 auprès de 200 mères égyptiennes (1) constatait que « l’échec précoce de l’allaitement induit souvent chez la mère un sentiment de culpabilité et d’incompétence, qui pourra perdurer pendant longtemps ». Toutes les mères participant à l’étude avaient été confrontées à des pratiques contraires à celles habituellement utilisées pour débuter un allaitement de manière optimale (don de compléments, lait artificiel donné gratuitement...). Le protocole de relactation incluait : proximité mère-bébé continue aussi longtemps que possible, mises au sein (ou expressions) fréquentes, utilisation de plantes galactogènes, non-utilisation de tétines et biberons. Parmi les causes d’échec de la relactation, la principale était le découragement de la mère devant les difficultés. L’absence de relance de la production lactée et le refus du bébé de reprendre le sein étaient d’autres raisons.
La conclusion d’une autre étude portant sur 88 mères, était que « les femmes chez qui une relactation est envisagée devraient recevoir un soutien adapté afin d’augmenter leur sentiment de compétence et de confiance en elles, de même que leur compagnon ».

La lactation induite

 

Anecdotique, mal connue dans notre pays – contrairement à d’autres sociétés modernes où elle est plus répandue et aux sociétés traditionnelles où elle est monnaie courante depuis très longtemps –, la lactation induite se définit par le fait de lancer une production lactée sans grossesse préalable.
Les mères qui adoptent un enfant peuvent désirer l’allaiter pour le protéger des risques liés au non-allaitement sur le plan physique, mais également pour tout ce qui a trait à l’aspect émotionnel et relationnel de cette proximité privilégiée. Un enfant adopté, qui aura vécu une séparation précoce d’avec sa mère biologique, pourra tirer d’autant plus profit de ces tétées qui faciliteront l’émergence d’un lien fort avec sa mère adoptive.
Dans les pays non industrialisés, les femmes qui induisent une lactation sont bien souvent des membres de l’entourage proche (tantes, grands-mères...) d’un enfant devenu orphelin ou que la mère biologique ne peut prendre en charge. Alors que, chez nous, les enfants adoptés le sont bien souvent par des femmes qui rencontrent des problèmes de fertilité. Et ces problèmes pourront avoir un impact sur la possibilité de l’allaitement.
L’Académie Américaine de Pédiatrie et l’Académie Américaine des Médecins généralistes recommandent toutes deux l’induction d’une lactation lorsqu’une mère adoptive souhaite allaiter son enfant. Malheureusement, en France, les mères qui se lancent dans cette aventure doivent fréquemment faire face à la méconnaissance et à l’incompréhension non seulement de leur entourage, mais aussi du milieu médical.

Un "nouvel optimisme" est en train de naître pour les femmes. Il était suggéré de dire aux femmes souhaitant allaiter un bébé adopté que peu de mères arrivaient dans cette situation à produire beaucoup, et qu'il valait mieux considérer l'allaitement comme un moyen d'être proche du bébé et toute quantité de lait produite comme un "bonus". Plusieurs choses ont changé. D'abord, on ne peut plus utiliser indifféremment les termes "allaitement du bébé adopté" et "lactation induite". Etant donné les avancées dans la procréation, certaines mères voulant induire une lactation ont maintenant leurs enfants biologiques via des mères porteuses. En outre, des protocoles ont été affinés impliquant l'utilisation des mêmes hormones qui stimulent la croissance du tissu mammaire pendant la grossesse et ce afin de "développer" le tissu mammaire d'une mère en attente de son bébé. On rapporte que selon le nombre de mois qui s'écoulent entre le moment où la mère débute ces protocoles et le moment où le bébé arrive, elle peut être capable d'allaiter exclusivement dès le moment où le bébé est dans ses bras. Enfin, la recherche faite dans d'autres pays indique que simplement en allaitant le bébé huit à dix fois par jour, certaines femmes sont capables d'arriver en un mois à une production lactée complète, sans même utiliser d'hormones.

L’OMS et l’UNICEF recommandent que les enfants commencent à être allaités dans l’heure qui suit leur naissance et qu’ils soient nourris exclusivement au sein pendant les six premiers mois de leur vie – c’est-à-dire qu’ils n’absorbent aucun autre aliment ou liquide, pas même de l’eau. 

Les nourrissons doivent être allaités à la demande – c’est-à-dire aussi souvent que l’enfant le réclame, de jour comme de nuit. Il ne faut pas utiliser de biberons, tétines ou sucettes. 

À partir de l’âge de six mois, les enfants doivent commencer à consommer des aliments complémentaires sûrs et adéquats, tout en continuant d’être allaités au sein jusqu’à l’âge de deux ans, voire plus.